Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

EPISODE 66 : Lokomotiv Kreuzberg 72 - 73

 

10 - Logo LK.jpg

 

POLIT ROCK

 

L'Allemagne n'aura jamais été aussi étincelante sur le plan musical que pendant les années 70. Si elle brillait dans nombre de styles différents, il en est toutefois un, moins connu des francophones, qui n'est pas facilement accessible aux oreilles quelque peu réfractaires à la langue allemande en raison de la prédominance des textes engagés : le Polit rock ou polit krautrock.

 Donc, c'est quoi le Polit rock ?

« Le Polit rock, c'est quoi ça ? C'est ce que nous nous sommes demandés quand, au début des années 70, nous sommes allés au Quartier Latin berlinois pour voir et entendre FLOH DE COLOGNE ( Episode 32 )et leur Profitgeier.

À l'époque, ils étaient considérés comme un élément naturel de cette toute nouvelle scène musicale. La politique était tout simplement dans l'air du temps, surtout à Berlin où, après la révolte étudiante de 1968, il régnait un enthousiasme généralisé auquel une grande partie de la jeunesse adhérait. C'était un mouvement que le théâtre de rue, le cinéma, les chansonniers et les peintres politiquement engagés ont mis en avant. Comment le rock aurait-il pu ne pas s'y embarquer?

Au début, nous n'avions pas vraiment conscience d'avoir une fonction d'agitateurs. Le rock, la politique, les textes anti-autorité, c'était une union qui allait de soi, le tout naturellement en allemand. Ils nous ont collé une étiquette, Polit rock, nous étions donc des agitateurs, on nous a jetés hors des ondes, les médias nous ont ignorés, ou balançaient des seaux remplis de merde à notre sujet. " Andreas BRAUER de LOKOMOTIV KREUZBERG.

Sans perdre de vue, qu'au départ, le krautrock est un contre pouvoir musical au système en place.

Mais foin de toute obscurantisme car ce groupe reste intéressant bien au-delà de son appartenance à cette scène particulière, car trois des musiciens de LOKOMOTIV KREUZBERG( PRAEKER, POTSCHKA et MITTEREGER) s'en iront rejoindre NINA HAGEN à la fin des années 70 et formeront avec elle le NINA HAGEN BAND.

Puis, lorsque Nina décidera de poursuivre seule sa route, ils fonderont SPLIFF dans les années 80, un groupe qui deviendra extrêmement populaire en Allemagne, redorera le blason de la Neue Deutsche Welle (la Nouvelle vague musicale allemande) et connaîtra même un petit succès durable hors de ses frontières grâce à l'album The Spliff Radio Show.

Les musiciens de LOKOMOTIV KREUZBERG ont donc évité brillamment de plonger dans le gouffre de la médiocrité au sortir des années 70 et nous livrent ici un témoignage éclairant de l'Allemagne musicale et politique de cette époque-là.

Et les musiciens de LOKOMOTIV KREUZBERG y croyaient. Les quatre disques qu'ils ont enregistrés au cours de leur carrière se singularisaient par une parfaite maîtrise sur le plan musical. Deux d'entre eux étaient de véritables albums concepts si savamment élaborés qu'en écoutant les deux faces de chacun d'entre eux, c'était tout un petit film qui se jouait dans notre tête.

Franz POWALLA(basse) et un certain Uwe HOLZ (drums), après des désaccords, quittent en 1971 un groupe de jazz-rock et vont répéter dans le sous-sol d'un immeuble désaffecté , une ancienne aire de police.

Ce long bâtiment était perpendiculaire et situé en milieu urbain dans le quartier de Berlin , Kreuzberg / Neukolln, non loin de Korte Strasse, sur un site avec un terrain de sport.

Et Franz et Uwe  joue pas loin de la salle  où Andreas BRAUER (chant, claviers, violon amplifié électroniquement ), répète lui aussi .Et est en fait un chanteur d'opéra qualifié. De cette union naîtra LOKOMOTIV KREUZBERG.

Le premier album , Kollege Klatt, sorti en 1972,  a pour décor un bar dans lequel se retrouvent deux collègues. Le matin même, l'un d'eux est allé au bureau du personnel pour demander une augmentation de salaire. On la lui a refusée. « Vous savez, on peut vous comprendre. Mais si ça ne vous convient pas, vous pouvez toujours partir. »

KOLLEGE KLATT ( 1972 )

Andreas  BRAUER ( vocals , clavinet, violin , synthetizer )

Hiemann VOLKER( vocals , guitar)

Uwe HOTZ ( vocals , drum , harmonica )

 Franz POWALLA ( bass)

Karl Heinz SCHERCHLING ( vocals )

Sur une musique rock qui se fond à la perfection à ce mode d'expression, Kollege Klatt s'oriente entièrement autour de la discussion des deux hommes dans ce bar. Il y est question de l'augmentation du coût de la vie et celle des salaires qui ne suit pas la même courbe, de l'exploitation des travailleurs. Notons d'ailleurs que les textes sont si capitaux qu'ils seront reproduits intégralement dans chacun des quatre albums.

James Blond , deuxième opus , sort en 1973.

JAMES BLOND ( 1973 )

Andreas  BRAUER ( vocals , clavinet, violin , synthetizer )

Hiemann VOLKER( vocals , guitar)

Uwe HOTZ ( vocals , drum , harmonica )

Karl Heinz SCHERCHLING ( vocals )

Franz POWALLA ( bass)


Manfred PRAEKER ( bass)

C'est une bande dessinée criminelle acoustique à saveur politique. Le titre complet du disque révèle parfaitement son sujet : James Blond - Den Lohnräuber auf der Spur (James Blond - Sur les traces du voleur de salaire). Il s'agit là du deuxième album concept dont les deux faces suivent la même trame narrative.


A SUTVRE....Envers et contre tout

Écrit par Rebel Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.