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EPISODE 19 : Edgar FROESE Interview

 

INTERVIEW d'Edgar FROESE réalisé le 12 Mars 2010

 

 

 

Journaliste interviewer : Ben HEWITT

 

 

 

Traduction in French : myself

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  • Ben HEWITT : Vous êtes né en en 1944, donc vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Etait-ce difficile de grandir en Allemagne à cette époque? Quels sont vos premiers souvenirs d'enfance? Quelle a été votre première expérience avec la musique?

    Edgar FROESE
    Les gens de mon âge ont grandi avec tous les souvenirs d'après-guerre. Les privations à tous les niveaux de la vie quotidienne étaient naturels. Personnellement, je ne me suis jamais senti différent des autres.. J'étais quelqu'un de cosmopolite dès le premier jour.
    Musicalement, j'ai commencé à prendre des leçons de piano à l'âge de 12 ans mais je n'ai pas fait que ca, trop "hardcore" pour moi. J'ai diversifié le plaisir avec la guitare à l'âge de 15 ans, j'ai fait partie de groupes jouant dans les clubs de soldats marins autour de Berlin dans le milieu des années soixante.

    Ben HEWITT : Il semble évident que l'origine de vos activités créatives ont été artistiques plutôt que musicales - par exemple, vous vous êtes inscrit à l'Académie des Arts de Berlin-Ouest. Quelles étaient vos aspirations en tant qu'artiste, et même maintenant, ne considérez vous pas que vous ayez plutôt une âme d'artiste au sens strict du terme plutôt que celle d'un musicien? Et si oui, en quoi vous considérez-vous comme un musicien différent des autres ?


    Edgar FROESE
    Sculpteur de formation, j'avais l'habitude de "bosser" par " blocs" - mais musicalement j'avais beaucoup de mal à m'exprimer. J'ai donc construit ce pont entre la sculpture et le piano et la guitare. Je suis peintre aussi et adore travailler sur les formats grande toile. En fait, j'ai toujours eu plusieurs cordes à mon arc, même du temps où j'étais étudiant à l'école d'art. Mais enfin la musique est devenue un moyen de pimenter ma vie. Même aujourd'hui, j'essaye beaucoup de m'exprimer par la peinture et je travaille aussi sur l'informatique graphique.


    B.H :Durant votre carrière, vous avez jouer à la villa de Salvador Dali avec votre premier groupe The Ones. Que leur est il arrivés, et pourquoi ils se sont séparés? Lors de votre première rencontre avec Dali, comment cela s'est il passé ! Et quelle était votre relation avec lui ? Quel genre d'influence a t-il eu sur vous artistiquement? Je pense qu'il existe un lien entre la constante expérimentation surréaliste de son travail et la vôtre ...


    Edgar FROESE
    The Ones aura été une aventure de deux ans , j'ai joué avec et je n'y voyais aucun intérêt par rapport à la voie expérimentale musicale que je cherchais. Dali aura eu une grande influence dans ma vie parce que sa philosophie de l'être aussi original et authentique que possible m'avait touché profondément à cette époque. Comme je le considère comme quelqu'un d'incomparable, j'ai investi beaucoup de temps, quant à le suivre dans sa démarche philosophique. Quand je l'ai rencontré la première fois j'avais 22 ans, un jeune qui tout de suite a compris que presque tout est possible dans l'art à condition de croire en ce qu'on fait.


    B.H :Vous êtes de retour sur la route avec Tangerine Dream, cette année encore, avec un spectacle prévu au Royaume-Uni en avril. D'où vient la motivation de continuer ? Beaucoup de vos précédents shows restent très intenses. Qu'est-ce que vous avez prévu cette fois?


    Edgar FROESE  
    Les spectacles lives sont plus qu'un gagne pain. C'est le côté aventureux, le contact direct avec ceux qui soutiennent vos idées, qui aiment votre musique et qui, tout compte fait,adopte même votre style de vie. C'est donné quelque chose en retour à ceux qui admirent notre travail depuis plus de quarante ans maintenant. Notre show britannique comprendra beaucoup d'effets visuels ainsi que de nouveaux morceaux dont nos fans se souviendront. Quelques petites surprises aussi au niveau technologique..

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    B.H :Tangerine Dream aura été l'un des groupes les plus innovants de la musique électronique depuis les 40 dernières années, pourtant, j'ai lu que vous n'êtes pas un fan de musique électronique . Pourquoi? Et si oui, qu'est-ce qui vous a attiré dans la musique électronique - et qu'est-ce que vous pensez que vous êtes fondamentalement si différent que d'autres artistes qui font de la musique électronique? Est-il vrai que vous êtes plus un fan de musique type Motown?


    Edgar FROESE
    Nous n'avons jamais créé de la "musique électronique"! Une telle musique souligne l'intellect et est normalement produite pour le studio pur. Travailler avec des synthétiseurs est une approche complètement différente de la musique électro. Nous sommes ouverts à toutes sortes de développements et la musique moderne ne présenterait aucun intérêt si vous vous enfermez dans une tour d'ivoire musicale. Bien sûr, j'aime beaucoup la guitare, plein de trucs Motown ainsi que la musique moderne , le rock progressif. Enfin c'est tout un ensemble au sein de tous les paysages musicaux qui vous permet de ne jamais cessé d'apprendre des autres, il y a toujours des entrées positives et créatives pour votre propre travail.

    B.H : J'ai aussi lu que vous êtes pas vraiment fan de la musique allemande des autres. Pourquoi?


    Edgar FROESE
    C'est très vrai. Mais il n'y a pas beaucoup de musiciens dans mon pays sinon ca pourrais être sympathique . J'aime l'expérimentation dans des directions différentes. Mes compatriotes sont des gens beaucoup trop conservateurs dans leurs idées et les structures de leur musique. La seule exception est le domaine de la musique classique - mais c'est surtout historique et n'a rien à voir avec les mouvements contemporains.

    B.H : Suite à cela, comment ressentez vous le fait d'être "catalogués" avec des groupes tels que Faust?


    Edgar FROESE
    Honnêtement, je n'ai jamais rencontré Faust ou la plupart des autres artistes soi-disant "Krautrock" .J'ai quitté l'Allemagne après l'enregistrement de Phaedra pour le Royaume-Uni, j'ai ensuite été m'installer aux États Unis. Donc, ma connaissance des nouveaux développements en Allemagne reste, pour moi, très limitée.

    B.H : Est ce que-vous vous considérez comme un artiste plus -européen? Qu'est ce que vous pensez des artistes tels que Vangelis ou Jean Michel Jarre?


    Edgar FROESE
    Si la musique moderne synthétique sans aucune barrière mentale existe, alors je me considère comme l'un des plus forts partisans de ce mouvement. Ce n'est pas grave si vous vous qualifiez d'européens ,d'anglo-américains ou d'asiatiques, c'est toujours la musique du monde .Pour Vangelis et Jarre , je les connais. Pour leurs approches sérieuses de l' individualisme musical, je les respecte beaucoup.

    B.H : Il y a quelques années vous avez décidé de changer pour un mode de vie très "écologique" - pas de médicaments, pas d'alcool, pas de cigarettes, et le régime végétarien. Pourquoi ce changement de mode de vie ? N'est-il pas difficile d'être aussi droit et strict dans le monde de la musique?


    Edgar FROESE
    Il n'y a pas d'autre moyen de travailler sur toutes ces plates-formes différentes de l'industrie musicale. Vous ne pouvez pas travailler 14-16 heures par jour sur vos visions musicales si vous vous saoulez la gueule ou si vous êtes toxicomane en même temps. Ca ne peut pas marcher. J'ai donc décidé d'arrêter de boire( sous entendu de l'alcool) et de fumer depuis maintenant presque 35 ans . Mais c'est une décision que chaque artiste doit savoir prendre à un niveau personnel subjectif.

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Écrit par Rebel Lien permanent | Commentaires (0)

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