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EPISODE 14 - 1 : Faust 71 - 86

 AME AU DIABLE !

"Le nom du groupe, jouait sur l’ambiguïté du héros de GOETHE qui vendit son âme au diable, nous, nous l'avons vendu à une grande compagnie
discographique et le poing levé comme symbole révolutionnaire. "

C'est en ces termes que Jean Hervé PERON, bassiste, définit, un peu ironiquement la démarche conceptuelle de FAUST.


FAUST est un groupe allemand de rock expérimental, très orienté vers la musique électronique, fondé en 1971 et toujours en activité. Avec plus d'une vingtaine d'albums à son actif, le groupe est considéré comme une des références du mouvement « Krautrock ».

A sa création, FAUST se veut à une « tentative désespérée » de concevoir une nouvelle musique occidentale à partir d'un collage sans complaisance de fragments sonores.


Devenu moins abstrait au fil des changements de musiciens, FAUST offre depuis 1987 l'entrée libre lors de ses concerts à toute personne venant avec un instrument et prête à jouer sur scène !

Recherche d'un point intermédiaire entre psychédélisme et psycho-ambiant "musique concrète", FAUST a inventé l'un des plus puissants des langages dramatiques et excentriques de la musique moderne.

Très spartiates, médiatiquement parlant, empreints de modestie ascétique de la part de leurs membres, dont les visages ne seront jamais révélés, Faust a été, en un sens, le premier "lo-fi" groupe de musique rock.
Complètement retiré du circuit commercial, leur carrière a été très "underground" et discrète.
Techniquement, la musique de l'ensemble, pousse à l'extrême une esthétique obscure, laide, effrayante, où règne le chaos irrationnel qui découlait directement de l'expressionnisme, du surréalisme, du théâtre de l'absurde, de Bertoll BRECHT ou Kurt WEILL , tout cela fondu dans un système formel autant métaphysique que grotesque. Influencé par des collages de Frank ZAPPA, ces vampires teutoniques injectaient dans leur musique une profonde angoisse, comme une lave brûlante, dans un ensemble délibérément fastidieux, repoussant et incohérent.

Démentiel, démoniaque, paranoïaque, acide et violent, leurs compositions constituent un puzzle de boutades sonores et calembours hermétiques.

Cependant, derrière l'aspect superficiel, la musique de FAUST cachait une vision émouvante de la condition humaine, l'une des plus lyriques de toute l'histoire de la musique rock. Leurs visions de l'enfer représentent la plus noble témoignage qui ne soit jamais sorti de la musique prog.
En clair, des sacrés "déjantés" !

C'est en 1969 que tout commence.
Werner "Zappi" DIERMAIER (batterie), Hans Joachim IRMLER (claviers) et Arnold MELFERT(percussions) font partie d'un groupe appelé Campylognatus Citelli.

À Hambourg, ils rencontrent trois musiciens de Nukleus: Jean Hervé PERON , un français,`(basse), Rudolf SOSNA (guitare) et Gunter WUESTHOFFf (saxophone).


Ils fusionnent. Et FAUST voit le jour en 1971 dans la petite ville de Wümme, en Allemagne de l'Ouest.

Il signe un contrat avec la maison de disques POLYDOR et enregistre leur premier album, simplement intitulé Faust.
Le disque se vend peu mais reçoit une très bonne critique pour son style résolument novateur, permettant à FAUST de devenir l'un des principaux ambassadeurs du « Krautrock »

FAUST( 1971)

Werner DIERMAIER / drums
Hans-Joachim IRMLER / organ
Jean-Hervé PERON / bass
Gunter WUSTHOFF / synthesiser, saxophone
Rudolf SOSNA / guitar, keyboards
Arnulf MELFERT / drums

 

Et, un an plus tard, il sorte un deuxième album "So Far" !

SO FAR( 1972)

Line Up inchangé !


Et c'est avec "So Far" que se clôt l’aventure FAUST chez POLYDOR puisqu’une nouvelle fois les ventes ne sont pas au rendez vous.
Le label espérait 100000 exemplaires écoulés et là encore il n’y en aura que 20000.


Insuffisants pour continuer à payer les frais de studio et soutenir un groupe qui de plus ne rencontre pas un grand succès, sinon de curiosité et d’estime, lors de leurs tournées.
En revanche ces deux disques sont entrés dans l’histoire du rock et ont posé les jalons de nombreuses orientations musicales à venir et à leur réécoute on perçoit ce qui a pu être décisif et exemplaire dans la démarche mise en œuvre.

Mais qu'importe ! Radical dans sa démarche, FAUST ira jusqu'au bout.


Richard BRANSON tente un coup d'audace et leur fait signer un contrat avec Virgin Records, qui débute une importante campagne publicitaire dans le but de l'introduire au Royaume-Uni et ainsi de vendre plus de disques.

The Faust Tapes sort en 1973 et va faire l'effet d'une bombe. Haï par les uns, adulés par les autres, ils ne laissera jamais personne complètement indifférent( à l'image du groupe en fait ).

The Faust Tapes est une compilation d'enregistrements privés du groupe, à l'origine non destinés à la vente, mais dont la qualité va permettre à FAUST de faire connaître internationalement la finesse de son travail. L'album s'écoule à 100 000 exemplaires, notamment grâce à son prix, voulu bon marché par Virgin Records.
Décrié à l'époque de sa sortie, cet album est considéré aujourd'hui comme un chef d'oeuvre absolu.
Et pour ne rien vous cacher, à l'époque, j'ai eu beaucoup de mal

THE FAUST TAPES( 1973)

Werner DIERMAIER / drums
Hans-Joachim IRMLER / organ
Jean-Hervé PERON / bass
Gunter WUSTHOFF / synthesiser, saxophone
Rudolf SOSNA / guitar, keyboards
Arnulf MELFERT / drums


La même année, 1973, sort Outside the Dream Syndicate, réalisé en collaboration avec Tony CONRAD.


En 1974, sort le très réussi Faust IV, considéré comme un album-référence pour le « Krautrock ».
Second chef-d'œuvre de FAUST, IV (1973), est sombre, menaçant, angoissant, un véritable tourbillon de magma galactiques qui consommeraient de l'énergie thermonucléaire.
Si les mystiques indiens s'identifiaient au Brahmas, FAUST ,athées jusqu'aux bout des ongles s'identifient au Big Bang.


IV( 1974)

Werner DIERMAIER / drums
Hans-Joachim IRMLER / organ
Jean-Hervé PERON / bass
Gunter WUSTHOFF / synthesiser, saxophone
Rudolf SOSNA / guitar, keyboards



En 1975, après le refus de Virgin Records de produire leur cinquième album( sûrement marre de payer les pots cassés), le groupe se sépare.
Après cette séparation, le groupe ne donne pas plus de cinq concerts jusqu'en 1990, accompagnés par la sortie de compilations de morceaux inédits, de plus ou moins bonne qualité.

Cinquième enregistrement de FAUST," Return of a Legend", enregistré à Munich en 1973, ne s'est jamais véritablement imposé, mais ce qui a survécu apparait sur l'album.
Seulement six morceaux.
Il sonne comme une fin définitive et se compose essentiellement de publications de singles et EPs.
Un album loin d'être essentiel.
Un consommable, jetable après utilisation.


RETURN OF A LEGEND( 1986)

Line Up inchangé

Écrit par Rebel Lien permanent | Commentaires (0)

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