Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

EPISODE 12.1 : CAN 69 - 74

 

   COMMUNISME  ANARCHISME  NIHILISME

Traumatisés par le VELVET UNDERGROUND et par le « I’m the Walrus » des BEATLES, Irmin SCHMIDT (claviers) et Holger CZUKAY (basse), tout deux élèves de STOCKHAUSEN, avec Michael KAROLIi (guitare, DCD le 17 / 11 / 2001), David JOHNSON (composition/flûte) et Jaki LIEBEZEIT (batterie) créent CAN en 1968.

JOHNSON, compositeur américain, flûtiste renommé et grand adepte de la musique électronique, quitte le groupe peu de temps après sa création, déçu par le changement d'orientation des autres musiciens, plus intéressés par le rock.

Les musiciens utilisent tout d'abord les noms de INNER SPACE et The CAN avant que Jaki LIEBEZEIT ne suggère l'acronyme de "Communisme Anarchisme Nihilisme", donnant au groupe le nom de CAN.

À l'automne 1968, le groupe engage Malcolm MOONEY, un sculpteur américain, très créatif mais aussi très instable et conflictuel, dans le rôle de chanteur.
Il enregistre l'instrumental de son premier album, "Prepared to Meet Thy Pnoom", contenant également les ébauches de deux morceaux, "Father Cannot Yell" et "Outside My Door", qui sortiront sur leur premier album.

Le groupe continue son travail en studio, n'arrivant pas à trouver de maison de disques pour les produire, et enregistre une multitude de morceaux.
Cela aboutit à la sortie de leur premier album, Monster Movie en 1969.
Les chansons non retenues sur ce dernier sortiront en 1981 sur l'album Delay 1968.
L'étrange voix de MOONEY souligne l'atmosphère inquiétante et hypnotique de leur musique, très influencée par le garage rock, le funk et le rock psychédélique, et renforcée par la répétition des rythmiques basse/batterie.

Monster Movie(1969)

- Holger CZUKAY / bass
- Michael KAROLI / guitar
- Jaki LIEBEZEIT / drums
- Irmin SCHMIDT / keyboards
- Malcolm MOONEY / vocals

Après Monster Movie, MOONEY , très fragile psychologiquement , retourne aux États-Unis sur le conseil de son psychologue, selon lequel la musique de CAN était dangereuse pour son équilibre mental.
Il est remplacé par un jeune chanteur japonais, Kenji "Damo" SUZUKI, rencontré à Munich( en fait, un chanteur de rue que KAROLI a engagé au hasard d'une rencontre) quelques mois auparavant.


Bien qu'il ne connaissait à l'époque qu'une poignée d'accords à la guitare et qu'il improvisait la majorité de ses textes, les autres musiciens lui demandent de jouer le soir de son entrée dans le groupe.
La représentation est une réussite, l'entente entre le groupe et son nouveau chanteur s'avère parfaite, ce qui aboutit à la sortie en 1970 de l'album Soundtracks, composé de morceaux destinés à être des bandes-originales de films.
SUZUKI écrit dès lors les paroles de CAN en anglais, et introduit de temps à autre quelques paroles en japonais.

Soundtracks(1970)

- Holger CZUKAY / bass
- Michael KAROLIi / guitar
- Jaki IEBEZEIT / drums
- Irmin SCHMIDT / keyboards
- Damo SUZUKI / vocals 

Les débuts des années 1970 vont voir les œuvres de CAN de plus en plus appréciées.. Alors que les premiers enregistrements se basaient uniquement sur des structures de chansons rock, le groupe va se tourner vers un style d'extrême improvisation.

Si Tago Mago qui sort en 1971 est très difficile d'accès, il restera à jamais l’œuvre ultime de CAN.

Novateur, à contre-courant de toutes les conventions musicales de l'époque, l'album se base sur une intense rythmique inspiré du jazz, de nombreuses improvisations à la guitare et aux claviers, une production aussi soignée que révolutionnaire, ainsi que les vocalises si particulières de Suzuki.

Dans son livre Krautrocksampler, Julian Cope écrit que Tago Mago « sonne seulement comme lui-même, et comme aucun autre avant et après lui », et il décrit les paroles comme « explorant les moindres recoins de l'Inconscient ».

L'album a des accents plus jazz et expérimentaux que ses prédécesseurs, comprenant davantage de passages instrumentaux et moins de parties chantées. Ce changement est dû à la grande différence de personnalité entre Damo SUZUKI et l'ancien chanteur Malcolm MOONEY, le premier étant plus réservé et moins « dominant » que son prédécesseur.

CAN s'inspire de nombreux artistes très divers, aussi bien dans le jazz (tel que Miles DAVIS) que dans la musique électronique et d'avant-garde. Le titre de l'album fait référence à l'oeuvre d'Alisteir CROWLER, Tago Mago s'inspirant de l'île du même nom.

« Tago Mago est une tentative de réaliser un monde mystérieux et musical, entre lumière et ombre, sans retour ». Holger CZUKAY.

Les morceaux sont décrits comme ayant « un air de mystère et de secrets interdits ». Tago Mago est divisé en deux LP, le premier plus conventionnel et structuré et le second plus libre et expérimental.

Outre la qualité de ses compositions, Tago Mago est également reconnu pour les performances vocales du chanteur Damo SUZUKI qui apporte une nouvelle dimension , avec un chant collant parfaitement au concept expérimental de l'album et, d'autre part, par des textes assez peu élaborés mais très évocateurs.

SUZUKI n'ayant jamais donné d'explications à ses textes, leur interprétation ne relève que de la supposition.

" Paperhouse", désir de liberté, cependant impossible à atteindre.
" Mushroom" apologie des champignons hallucinogènes ;
"Oh Yeah", sur laquelle Suzuki chante à l'envers au début et en japonais à la fin, dépeindrait l'addiction à la drogue ;
"Halleluhwah"parlerait de la perte d'un proche (un « frère » est mentionné à plusieurs reprises dans la chanson)


"Bring Me Coffee or Tea" ferait référence à la rencontre entre Holger CZUKAY et Damo SUZUKI.
"Augmn" ne comporte aucune parole, mais une longue suite d'incantations psalmodiées par Irmin SCHMIDT


Enfin, il est difficile de trouver un sens à "Peking O", puisqu'il s'agit d'une suite de « cris scandés dans une langue inconnue » improvisée par SUZUKI.

Tago Mago(1971)

- Holger CZUKAY / bass
- Michael KAROLI / guitar
- Jaki LIEBEZEIT / drums
- Irmin SCHMIDT / keyboards
- Damo SUZUKI / vocals

Tago Mago est rapidement suivi de Ege Bamyasi en 1972, qui, grâce à un son plus abordable, mais restant toujours dans un style avant-gardiste, permet au groupe d'accéder à une grande renommée, notamment grâce aux morceaux Vitamin C et Spoon

Ege Bamyasi(1972)

- Holger CZUKAY / bass
- Michael KAROLI / guitar
- Jaki LIEBEZEIT / drums
- Irmin SCHMIDT / keyboards
- Damo SUZUKI / vocals



L'album est suivi en 1973 par Future Days. Très critiqué à sa sortie, CAN y jette pourtant les bases de la musique ambient.

SUZUKI quitte le groupe peu après, se marie avec une Allemande et devient témoin de Jéhovah.

Les chants seront désormais assurés par KAROLI et SCHMIDT, bien que, après le départ de SUZUKI, les morceaux seront plutôt écrits dans une optique instrumentale, le groupe voulant continuer l'exploration musicale de l'ambient, commencée sur Future Days.

Future Days(1973)

- Holger CZUKAY / bass
- Michael KAROLI / guitar
- Jaki LIEBEZEIT / drums
- Irmin SCHMIDT / keyboards
- Damo SUZUKI / vocals



Avec Soon Over Babaluma en 1974, CAN continue dans le style ambient de Future Days. L'album, pourtant moins bon que son prédécesseur, permet au groupe de regagner le succès connu avec Tago Mago et Ege Bamyasi, et de signer en 1975 un contrat avec Virgin Records au Royaume-Uni et EMI/Harvest en Allemagne.

Soon Over Babaluma(1974)

- Holger CZUKAY / bass
- Michael KAROLI / guitar, vocals
- Jaki LIEBEZEIT / drums
- Irmin SCHMIDT /
keyboards , vocals

A Suivre ......

Écrit par Rebel Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.